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  • Publier le: 23 novembre 2016

CONTEXTE DE L’ACTION

En démocratie, le poids démographique ne peut être un réel déterminant du pouvoir politique et un élément de structuration des dynamiques sociales que s’il est soutenu par un niveau culturel adapté aux enjeux de transformation de la société. C’est l’absence de cette variable qui explique ce paradoxe observé de manière permanente dans la société camerounaise : bien que représentant environ 51% de la population camerounaise (RGPH, 2005) et plus de la moitié de l’électorat potentiel (environ 55%, RGPH 2005), les femmes demeurent une majorité silencieuse qui, de ce fait, ne mesure pas encore l’impact de leur implication pleine et active à la vie publique. En effet, leur faible participation à la vie publique est endémique et demeure un sujet préoccupant. Dans cette configuration, leur potentiel social dynamisant et régulateur n’est pas suffisamment capitalisé dans le champ politique pour préserver l’ordre et la paix, améliorer la gouvernance économique et politique, et construire une société plus juste.

Problème 1 : Malgré les avancées notables enregistrées ces dernières années, l’œuvre de construction de la société camerounaise comporte de nombreux gaps dont la résolution nécessite une implication efficiente du leadership féminin. Il s’agit de la permanence des facteurs conflictogènes qui sont autant d’éléments de rupture de la paix et de la sécurité : la montée des intolérances religieuse, politique, ethnique, tribale et communautaire ; la permanence des niches d’inégalités qui entretiennent des pratiques de discriminations et de violences basées sur le genre ; l’origine ethnique, l’appartenance religieuse ou socio professionnelle, l’extension de la pauvreté chez les femmes et les jeunes (INS 2015) ; la criminalisation progressive de la société camerounaise par les infanticides, les crimes rituels, l’augmentation des décès pour cause d’agressions (Rapport MINJUSTICE, 2015), l’exacerbation des incivilités et de l’incivisme.

Problème 2 : En dépit des efforts des pouvoirs publics, les mécanismes d’acquisition de la légitimité populaire demeurent contestés au sein des partis politiques ; la protection des faibles et les systèmes de solidarité n’opèrent pas efficacement ; l’absence de culture de bilan chez les détenteurs des charges publiques ; la subsistance des dispositions normatives sexistes ; la faible participation politique des femmes, autres groupes vulnérables et des minorités.
Problème 3 : L’instrumentalisation politique des femmes qui s’observe dans des phénomènes tels que : le nombre écrasant des femmes à la base de la pyramide des partis politiques contraste avec le caractère erratique de leur présence dans les structures hiérarchiques des partis ; l’organisation sexiste de certains partis politiques ; une dynamique élitiste au sein des milieux féminins, observable par l’éviction permanente des femmes rurales ou l’accaparement du leadership féminin par les femmes urbaines lors des élections locales ; l’inexistence dans la plupart des partis politiques d’une stratégie systématique et documentée de promotion politique du Genre tant dans le parti que sur le plan national ; la faible articulation entre le leadership féminin à la base et au sommet (absence de coordination et de cohérence) ; le détournement des enjeux de la politique ou du jeu démocratique par la pécuniarisation ou la systématisation des logiques alimentaires lors des campagnes politiques. Campagne Politique = boire et manger ;  toute chose qui empêche de se poser les vraies questions (Audit Genre, Leadership et participation Politique, ONU Femmes-MWP, 2014).

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