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  • Publier le: 07 novembre 2016

CONTEXTE GLOBAL DU PROGRAMME

En démocratie, le poids démographique ne peut être un réel déterminant du pouvoir politique et un élément de structuration des dynamiques sociales que s’il est soutenu par un niveau culturel adapté aux enjeux. C’est l’absence de cette variable qui explique ce paradoxe observé de manière permanente dans la société camerounaise : quoique représentant environ 51% de la population camerounaise (RGPH, 2005) et la majorité de l’électorat potentiel (environ 55%, RGPH 2005), les femmes demeurent une majorité silencieuse qui peine à exprimer leurs volontés. Leur faible participation à la vie publique est endémique et demeure un sujet préoccupant pour les partenaires au développement. Dans cette configuration, leur potentiel social dynamisant et régulateur n’est pas suffisamment exploré/capitalisé dans le champ politique pour préserver l’ordre et la paix, améliorer la gouvernance économique et politique, et construire une société plus juste.

Démocratie au féminin est une formule qui cristallise 3 réalités qui entretiennent entre elles, une relation bijective : les femmes sont une chance pour la démocratie camerounaise ; la démocratie camerounaise est une chance pour les femmes ; la démocratie ne peut se concevoir en dehors de l’égalité des sexes. C’est une thérapie aux difficultés de la démocratie camerounaise, et un moyen de maitrise de leurs effets néfastes sur les plans politique, économique et social :

Problème 1 : En dépit des avancées notables, l’œuvre de construction de la société camerounaise comporte de nombreux gaps dont la résolution nécessite une implication directe et vigoureuse du leadership féminin. Il s’agit de la permanence des facteurs conflictogènes qui sont autant de facteurs de rupture de la paix et de la sécurité : la montée des intolérances religieuse, politique, ethnique, tribal et communautaire ; l’exacerbation des pratiques de discriminations et d’exclusions fondées sur le sexe, la race, la couleur de peau, l’origine ethnique, l’appartenance religieuse ou socio professionnelle ; l’extension de la pauvreté chez les femmes et les jeunes (INS 2015) ; la criminalisation progressive de la société camerounaise par les infanticides, les crimes rituels, l’augmentation de décès pour cause d’agressions (Rapport MINJUSTICE, 2015) ; l’exacerbation des incivilités et de l’incivisme.

Problème 2 : En dépit des efforts des pouvoirs publics, spécifiquement du Chef de l’Etat, du gouvernement, des parlementaires, des magistrats etc. pour promouvoir la démocratie au Cameroun, celle-ci peine à s’affranchir des pesanteurs qui structurent encore le champ politique et qui appellent à un leadership féminin qualifié et en nombre suffisant : les mécanismes d’acquisition de la légitimité populaire demeurent contestés ; la protection des faibles et les systèmes de solidarité n’opèrent pas efficacement ; la négation toujours croissante de la liberté d’autrui ; l’absence de culture de bilan chez les détenteurs des charges publiques ; la subsistance des dispositions normatives sexistes ; la faible participation politiques des femmes et autres sous groupes vulnérables

Problème 3 : L’instrumentalisation politique permanente des femmes qui s’observent dans des phénomènes tels que : Le nombre écrasant des femmes à la base de la pyramide des partis qui contraste avec le caractère erratique de leur présence dans les structures hiérarchiques des partis ; l’organisation sexiste de certains partis politiques avec des organes spécialisés des femmes ; une dynamique élitiste et oligarchique au sein des milieux féminins, observable par l’éviction permanente des femmes rurales ou l’accaparement du leadership féminin par les femmes urbaines lors des élections locales ; l’inexistence dans les partis politiques majeurs d’une politique affirmée et documentée de promotion politique du genre tant dans le parti que sur le plan national ; la faible articulation entre le leadership féminin à la base et au sommet (absence de coordination et de cohérence) ; le détournement des enjeux de la politique ou du jeu démocratique par la pécuniarisation ou la systématisation des logiques alimentaires lors des campagnes politiques. Campagne Politique = boire et manger (toute chose qui empêche de se poser les vraies questions)

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