– Le préambule de la Constitution camerounaise qui pose le principe de l’égalité et l’intègre dans le bloc de constitutionnalité;

– L’article 45 de la Constitution camerounaise dont la formulation consacre l’adoption du système moniste avec primauté du droit international ;
– La Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (article 3,4, et 7 notamment) (1994) ;
– La Déclaration du Millénaire (2000) qui définit les Objectifs du Millénaire pour le Développement à l’horizon 2015, et fixe à 30% la masse critique à partir de laquelle la participation des femmes permettrait de déclencher un développement significatif et durable au niveau national ;
– La Déclaration solennelle des Chefs d’Etat de l’Union Africaine sur l’Egalité entre les hommes et les femmes en Afrique (2004) ;
– Le Protocole à la Charte africaine sur les Droits de la femme dit Protocole de Maputo (2009) ;
– La Recommandation pertinente du Comité CEDAW (2009) sur la participation des femmes à la vie politique et à la vie publique.

Suite à l’examen des deuxième et troisième rapports périodiques du Cameroun dans un rapport unique, le 28 janvier 2009 lors de sa 43ème session, le Comité a constaté avec satisfaction que notre pays a entamé un processus de réforme législative visant à amender toute disposition jugée contraire à la CEDEF, et a formulé des observations et recommandations dans les domaines relevant de la justice aux paragraphes 9, 10, 11, 12,13, 14, 15, 16, 17,23, 29, 32 et 33 de ses Observations finales. Il s’agit de :

– la place de la CEDEF dans la législation nationale ;
– la visibilité de la CEDEF et de son Protocole facultatif ;
– la persistance des dispositions discriminatoires ;
– l’application des mesures spéciales temporaires ;
– la participation des femmes à la vie politique et à la vie publique.

La participation des femmes à la vie politique est garantie par les différents textes en vigueur au Cameroun. Toutefois des disparités entre les hommes et les femmes aux postes électifs et dans les instances de prise de décisions sont persistantes.

Aussi, aux dernières élections législatives et municipales de 2007, l’on a dénombré 25 femmes sur 180 députés ce qui représente 13,89 % de l’ensemble des élus titulaires à l’Assemblée Nationale. Par contre, 38 femmes sur 180 sont députés suppléantes. Quant aux municipales de la même année, 23 femmes sont des maires titulaires sur les 360 ; soit un pourcentage de 6,38%. 182 sont adjointes aux maires sur un total de 941, ce qui donne 19,34% en valeur relative. En faisant un peu d’arithmétique, on en arrive à un total de 205 femmes maires (pleines et adjointes) sur un total de 1301 que compte le Cameroun. Ce qui correspond à 15,75%.

Sur le plan régional, la situation n’est qu’un reflet de la situation globale, mais avec des disparités entre les différentes régions dont certaines sont caractérisées par une absence de femmes dans les sphères décisionnelles législatives (parlementaires et maires) et de l’exécutif (ministres, secrétaires d’Etat).

Ce contexte global montre que malgré les changements sociaux opérés en faveur des femmes, ainsi que les efforts remarquables opérés par les pouvoirs publics et visant à transformer le principe constitutionnel de l’égalité et de non discrimination en réalité, dans le vécu quotidien des femmes, la politique demeure encore une citadelle masculine dont les portes ne s’ouvrent que très timidement au genre féminin ; en outre, la représentation des femmes dans la vie publique plus particulièrement en matière de gouvernance politique, sociale et économique reste faible malgré le poids élevé de la population féminine et son implication dans le processus électoral (inscription sur les listes électorales, inscription sur les listes de candidatures, expression libre et individuelle du droit de vote, etc.).

Plusieurs raisons concourent à ce biais sexiste. Il s’agit entre autres de l’absence d’ambition politique des femmes, avec la conviction que la politique est l’apanage des hommes, les croyances et stéréotypes socio-culturels et religieux, ainsi que les traditions favorisant une prédominance du rôle de mère, ménagère et épouse sur celui de citoyenne ; les modalités et conditions prohibitifs d’accès aux postes électifs, comme l’exigence d’une caution, les pratiques discriminatoires au sein des partis, l’absence d’information et l’illétrisme politique des femmes.

Ce déséquilibre dans la réalisation de l’égalité homme femme aussi bien dans la gestion et l’administration de l’espace public que dans la redistribution des ressources, reste une source persistante du déficit démocratique de genre, faisant par ailleurs de l’effectivité des droits des femmes une préoccupation majeure aussi bien pour le Gouvernement que pour les femmes elles-mêmes et la société en général.